Une peine de vingt-cinq ans de réclusion a été requise lundi à Paris contre Asier Oyarzabal-Chapartegui, présenté par l'accusation comme "le chef" de l'appareil logistique de l'ETA.
En tout, sept activistes présumés de l'organisation séparatiste basque sont jugés depuis le 17 novembre devant la cour d'assises spéciale de Paris.
Ils sont soupçonnés d'avoir détenu des armes, des munitions, des faux papiers et d'avoir recelé des sommes provenant d'extorsion de fonds. Muets depuis le début du procès, les accusés ont cependant revendiqué dans un texte lu à la cour leur appartenance à l'ETA.
Asier Oyarzabal-Chapartegui, 35 ans, avait été arrêté en septembre 2001 à Dax (Landes) après une surveillance policière qui avait aussi permis l'interpellation de Maria-Dolores Lopez-Resina, 55 ans. Le même jour dans la Loire, Didier Aguerre, 30 ans, et Alberto Ilundain-Iriarte, 45 ans, avaient été également interpellés.
Juan-Angel Ochoantesana-Badiola, 52 ans, Laurence Guimon, 37 ans et Felix-Ignacio Esparza-Luri, 43 ans ont été arrêtés entre 2003 et 2004.
L'enquête a permis la découverte d'importantes sommes d'argent, de faux papiers, de documents comptables ainsi que d'une grosse quantité d'armes et de munitions dans une cache des Landes en juillet 2002, baptisée "Txernobyl" dans les documents internes de l'ETA.
L'avocat général, Christophe Teissier, a décrit lundi dans son réquisitoire "l'activisme et la détermination" de l'appareil logistique de l'ETA dont il a clairement présenté Chapartegui comme "le chef", "à l'origine de presque toutes les actions, au courant de toutes les affaires, coordonnateur de tout ce petit monde".
Le représentant de l'accusation a cité, à l'appui de sa démonstration, des lettres retrouvées dans l'appartement dacquois de Chapartegui, qui sommaient deux entrepreneurs basques espagnols de verser une "aide économique" à ETA, c'est à dire "un impôt révolutionnaire".
Les vingt tonnes de matériel militaire découvertes dans la cache "Txernobyl" démontrent aussi pour l'avocat général que "lorsqu'il y a ETA, il y a des armes de gros calibre".
Christophe Teissier a réclamé 25 ans de réclusion, avec une peine de sûreté des deux tiers, contre le chef Chapartegui. Vingt ans de réclusion, avec une peine de sûreté des deux tiers, ont été réclamés contre Didier Aguerre, Alberto Ilundain-Iriarte et Laurence Guimon. Dix-huit ans de réclusion, avec une sûreté des deux tiers, ont été requis contre Maria-Dolores Lopez-Resina et Angel Ochoantesana-Badiola. Quinze ans ont été demandés contre Felix Esparza-Luri.
Les cinq membres d'une famille qui habitait sur le terrain où a été découvert le dépôt de l'ETA, ont été présentés comme "les gardiens" de "Txernobyl". L'accusation a demandé contre eux des peines allant du sursis à cinq ans d'emprisonnement.
Les plaidoiries de la défense auront lieu mardi et le verdict est attendu dans la soirée.

