Le procès de l'appareil logistique de l'ETA et de son ancien chef présumé Asier Oyarzabal Chapartegui, arrêté en France en septembre 2001, s'ouvre ce vendredi matin devant la cour d'assises spéciale de Paris.
En tout quatorze personnes, dont deux recherchées, seront jugées à partir de 09H30 pour des activités supposées en lien avec l'organisation séparatiste basque ETA, notamment la détention d'un important dépôt d'armes et d'explosifs découvert en juillet 2002 dans les Landes.
Asier Oyarzabal Chapartegui, 35 ans dans quelques jours, avait été arrêté le 23 septembre 2001 à Dax (Landes), après plusieurs mois de traque par la police française.
Ce natif de Saint-Sébastien, dit "Baltza", était considéré comme l'un des dirigeants majeurs de l'ETA. Il préparait, selon les enquêteurs, un vol d'explosifs dans un entrepôt de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). A ses côtés seront jugés six activistes présumées de l'ETA, dont le Français Didier Aguerre, 30 ans.
Les cinq membres d'une même famille comparaîtront également, mais libres, pour avoir abrité une importante cache d'armes de l'ETA, découverte en juillet 2002 dans leur propriété landaise de Rivière-Saas-et-Gourby.
Cette cache, baptisée "Txernobyl" dans les documents de l'ETA, contenait quantité d'armes et de munitions, du matériel de confection de faux papiers, de la documentation interne à l'ETA ainsi que des explosifs et détonateurs, provenant en partie de vols commis en 1999 à Plévin (Côte d'Armor) et à Veurey Voroize (Isère) en 2001.
Ce procès devant des magistrats professionnels, comme c'est la règle en matière terroriste, est prévu jusqu'au 30 novembre. Il intervient alors que le processus de paix initié entre le gouvernement espagnol, l'ETA et la mouvance indépendantiste basque traverse actuellement un moment de crise.